Le bore est un oligo-élément largement méconnu, et pourtant, les études scientifiques mettent en lumière des effets remarquablement variés sur l’organisme. De la santé osseuse à l’équilibre hormonal en passant par l’inflammation, les antioxydants et une action inattendue sur le taux de vitamine D : découvrons ce que la recherche révèle réellement sur les bienfaits du bore et quels sont les dosages recommandés.
L’essentiel en un coup d’œil
- Le bore est un oligo-élément présent dans les aliments d’origine végétale tels que les fruits, les légumes et les fruits à coque.
- Il peut aider à réduire les pertes calciques – avec une diminution de 40 à 50 % observée dans une étude.
- Le bore agit sur l’équilibre hormonal : augmentation de la testostérone libre et diminution des œstrogènes.
- Il possède des vertus anti-inflammatoires et réduit les marqueurs tels que la protéine C-réactive (CRP).
- Particulièrement intéressant : le bore peut faire grimper le taux de vitamine D – jusqu’à +39 % dans une étude, sans aucun apport supplémentaire en vitamine D.
Qu’est-ce que le bore et dans quels aliments le trouve-t-on ?
Le bore est un oligo-élément discret que l’on retrouve principalement dans les aliments d’origine végétale, notamment les fruits, les légumes et les oléagineux. Une alimentation riche en végétaux vous apporte ainsi naturellement de petites quantités de ce minéral. Pourtant, les recherches suggèrent que les bienfaits du bore sur l’organisme ont longtemps été sous-estimés.
Santé osseuse : préserver la densité osseuse et limiter les pertes de calcium
Dès les années 1980, des chercheurs ont découvert que le bore jouait un rôle clé pour la solidité des os et la densité osseuse. Une étude de l’USDA menée par Nelson en 1987 auprès de femmes ménopausées a mis en évidence une corrélation nette :
- Avec une alimentation très pauvre en bore (0,25 mg par jour), l’élimination urinaire du calcium augmentait fortement.
- Lorsque ces mêmes participantes recevaient ensuite 3 mg de bore par jour, l’excrétion de calcium chutait d’environ 40 à 50 %.
- Cela indique que sans un apport suffisant en bore, l’organisme élimine le calcium plus rapidement.
Des expérimentations animales et des observations menées chez des sportifs confirment cette action sur les os : la supplémentation en bore s’est traduite par une hausse du volume osseux ou du taux de calcium sanguin. En association avec la vitamine K2, qui oriente le calcium du sang vers le tissu osseux, vous obtenez une excellente synergie pour l’assimilation du calcium et le maintien du squelette.
Bore et testostérone : un impact direct sur le profil hormonal
Une étude menée en 2011 (Naghii) a évalué les effets d’une prise quotidienne de 10 mg de bore chez des hommes en bonne santé pendant une semaine. Le résultat a été remarquable : la proportion de testostérone libre et biodisponible a augmenté, tandis que le taux d’œstrogènes (estradiol) a diminué.
- Testostérone libre dans le groupe ayant reçu du bore : hausse d’environ 8,5 à 11,25.
- Taux d’œstrogènes dans le groupe bore : baisse d’environ 41 à 33.
Ce phénomène s’expliquerait par le fait que le bore réduit la liaison de la testostérone aux protéines de transport sanguines, laissant ainsi une plus grande fraction de testostérone libre et active disponible pour l’organisme. Le bore semble interagir avec certaines enzymes et complexes protéiques du métabolisme hormonal. Un constat d’autant plus intéressant que les taux moyens de testostérone chez les hommes tendent à diminuer depuis plusieurs décennies.
Action anti-inflammatoire et soulagement des douleurs articulaires
Dans un essai clinique mené en double aveugle (Scorei, 2011) auprès de 60 patients d’âge mûr, l’administration de 6 mg de bore par jour a significativement atténué les symptômes en seulement deux semaines. L’évaluation s’est faite notamment à l’aide du score WOMAC, un questionnaire reconnu évaluant la douleur, la raideur et les difficultés de mobilité liées à l’arthrose du genou et de la hanche.
- Le score WOMAC s’est amélioré d’environ 25 % par rapport au groupe placebo après seulement 14 jours.
- Le score MPQ évaluant l’intensité douloureuse a également confirmé une diminution statistiquement significative des douleurs.
- Le marqueur d’inflammation protéine C-réactive (CRP) a lui aussi nettement baissé.
Dans l’étude précédemment citée chez les hommes (Naghii 2011), les chercheurs ont également constaté une baisse des médiateurs inflammatoires comme l’interleukine-6, le TNF-alpha et la protéine C-réactive. Cela laisse penser que le bore freine les molécules pro-inflammatoires (cytokines) à l’échelle moléculaire et exerce ainsi un effet anti-inflammatoire protecteur.
Bienfaits du bore : action antioxydante et protection cellulaire
Au-delà de son rôle sur les hormones, l’inflammation et les os, le bore intervient également dans les processus d’oxydation cellulaire. Le stress oxydatif survient lorsque les radicaux libres deviennent trop nombreux dans le corps – sous l’effet des microplastiques, des métaux lourds, du stress chronique ou d’une consommation fréquente d’aliments frits. Votre organisme dispose heureusement d’enzymes antioxydantes pour neutraliser ces radicaux libres.
Des études cellulaires et animales indiquent que le bore accroît l’activité d’enzymes antioxydantes majeures, notamment la superoxyde dismutase (SOD), la catalase et la glutathion peroxydase. Celles-ci constituent une ligne de défense essentielle contre le stress oxydatif. En laboratoire, le bore s’est également montré capable d’atténuer les lésions cellulaires provoquées par des métaux lourds ou des résidus de pesticides.
Bor et vitamine D : une synergie surprenante
L’interaction entre le bore et la vitamine D s’avère particulièrement passionnante. Dans une étude contrôlée auprès d’adultes d’âge moyen soumis dans un premier temps à un régime pauvre en bore puis recevant 3 mg de bore par jour, la concentration sérique de vitamine D3 (25-hydroxy-vitamine D3) a nettement progressé après 49 jours, passant en moyenne de 44,9 à 62,4 nmol/l. Cela représente une hausse d’environ 39 %, et ce sans aucun apport additionnel en vitamine D.
Une étude pilote ouverte chez des individus présentant un déficit prononcé en vitamine D a confirmé cette tendance : la prise de 6 mg de bore par jour pendant deux mois a augmenté le taux de vitamine D3 d’environ 20 %, en pleine période hivernale. Sur le plan mécanistique (Miljkovic, 2004), il apparaît que le bore ralentit l’inactivation de la vitamine D par l’enzyme 24-hydroxylase, prolongeant ainsi sa demi-vie et sa biodisponibilité. Pour les personnes ayant un statut insuffisant en vitamine D, le bore représente donc un levier complémentaire très intéressant.
Bore : utilisation, posologie et précautions
Dans les études cliniques, les doses employées s’échelonnaient le plus souvent entre 3 et 10 mg de bore par jour. Une alimentation riche en végétaux (fruits, légumes, oléagineux) permet déjà d’assurer un apport de base satisfaisant. Pour les adultes, la limite supérieure de sécurité tolérable établie par les autorités de santé telles que l’ANSES ou l’EFSA se situe autour de 10 mg par jour ; il convient d’éviter des dosages nettement plus élevés.
Le bore n’est pas un remède miracle et ne remplace pas une alimentation équilibrée. Si vous envisagez d’utiliser un complément alimentaire ciblé – par exemple en synergie avec la vitamine D –, demandez conseil à un médecin ou un pharmacien en cas de pathologie préexistante ou de traitement médical en cours. Pour la plupart des gens, le bore constitue avant tout un excellent argument pour intégrer davantage d’aliments d’origine végétale à ses menus quotidiens.
En résumé : que retenir des bienfaits du bore ?
Le bore est un oligo-élément souvent négligé qui offre pourtant un spectre d’action étonnamment vaste : il contribue à limiter les pertes calciques pour préserver la densité osseuse, optimise le profil hormonal au profit de la testostérone libre, aide à réduire les marqueurs inflammatoires comme la protéine C-réactive et renforce la protection antioxydante. Les bienfaits du bore sur le statut en vitamine D sont particulièrement notables, avec des augmentations pouvant atteindre 39 % dans les études, sans apport direct de vitamine. Bien que la majorité des recherches portent encore sur de petits échantillons, une alimentation végétale variée apporte déjà un socle solide. Si vous optez pour une supplémentation, une dose d’environ 3 mg par jour est considérée comme modérée. En cas de problème de santé spécifique, un avis médical reste toujours recommandé.
Foire aux questions
Qu’est-ce que le bore et quel est son rôle dans le corps ?
Le bore est un oligo-élément dont l’organisme a besoin en petites quantités. Les études scientifiques indiquent qu’il joue un rôle dans la santé des os, la régulation hormonale, l’atténuation de l’inflammation et l’optimisation du taux de vitamine D. On le trouve principalement dans les aliments d’origine végétale.
Dans quels aliments trouve-t-on du bore ?
Le bore est surtout présent dans les aliments d’origine végétale, comme les fruits, les légumes et les fruits à coque. Une alimentation riche en végétaux vous apporte naturellement de petites doses au quotidien.
Comment le bore agit-il sur les os ?
Le bore aide à réduire l’excrétion urinaire du calcium – de 40 à 50 % selon une étude menée chez des femmes ménopausées. Associé à la vitamine K2, il contribue ainsi à optimiser la santé osseuse et la fixation minérale.
Le bore augmente-t-il la testostérone ?
Dans un essai mené chez des hommes en bonne santé recevant 10 mg de bore par jour, le taux de testostérone libre a augmenté tandis que les œstrogènes ont diminué. La raison principale serait qu’une plus faible proportion d’hormone se lie aux protéines de transport sanguines.
Le bore a-t-il une action anti-inflammatoire ?
Oui, plusieurs études montrent que le bore réduit les marqueurs inflammatoires tels que la protéine C-réactive (CRP), l’interleukine-6 et le TNF-alpha, tout en améliorant significativement les douleurs et la raideur articulaire chez des patients souffrant d’arthrose dès 14 jours.
Le bore peut-il augmenter le taux de vitamine D ?
Tout à fait. Les études ont observé une hausse du taux de vitamine D3 sous l’effet du bore seul – jusqu’à +39 % dans une étude sans supplémentation directe en vitamine D. Le bore ralentirait en effet la dégradation enzymatique de cette vitamine dans l’organisme.
Bore 3 mg : bienfaits et posologie conseillée
Les études scientifiques ont principalement exploré des apports de 3 à 10 mg par jour. Une dose de 3 mg par jour représente un apport modéré et sécurisant pour bénéficier des effets documentés, en complément d’une alimentation végétale variée.
La prise de bore présente-t-elle un danger ?
À des doses modérées ne dépassant pas 10 mg par jour chez l’adulte, le bore ne présente pas de danger. Il convient toutefois de ne pas dépasser cette limite. En cas de traitement médicamenteux ou de maladie chronique, une consultation auprès de votre médecin traitant est toujours préconisée.



