MONTAG, 17. AUGUST 2026
Femme avec un réveil et des légumes frais illustrant le jeûne thérapeutique et l'alimentation sainegénéré par IA

Jeûne thérapeutique contre les maux de tête et la migraine

Imaginez que vous souffriez depuis 16 ans de maux de tête chroniques et insoutenables à la suite d’un traumatisme crânien. Traitement après traitement, rien ne fonctionne. Les médecins envisagent déjà une section nerveuse comme ultime recours. C’est alors que vous tentez l’expérience d’un jeûne thérapeutique combiné à une alimentation végétale : en quelques mois, vos maux de tête deviennent légers, brefs et rarissimes. Cette remarquable étude de cas issue du TrueNorth Health Center en Californie soulève une question fondamentale : le jeûne thérapeutique peut-il réellement soulager les céphalées chroniques ? Et quel rôle joue l’alimentation adoptée après la cure ?

Les données scientifiques concernant le jeûne médical sont complexes et parfois contre-intuitives. Alors que le jeûne est souvent perçu par le grand public comme une panacée universelle, la recherche dresse un tableau bien plus nuancé : le jeûne peut déclencher des céphalées, mais aussi, sous certaines conditions, apporter un soulagement durable. La différence cruciale réside dans la méthode employée, la durée, le protocole d’hydratation et surtout la réalimentation qui lui succède.

Points clés à retenir

  • Le jeûne déclenche fréquemment des maux de tête : Chez près d’un tiers des jeûneurs suivis au TrueNorth Health Center, les céphalées constituaient un effet indésirable notable. Le fait de sauter des repas figure d’ailleurs parmi les déclencheurs les plus courants.
  • Une étude de cas aux résultats spectaculaires : Une femme de 52 ans, souffrant depuis 16 ans de céphalées post-traumatiques chroniques, a obtenu un soulagement durable après un jeûne hydrique strict suivi d’une alimentation végétale intégrale sans sucre, sans huile et sans sel ajouté.
  • Intensité douloureuse divisée par deux : Dès la première cure, l’intensité des douleurs a diminué de 50 %. Après une seconde session six mois plus tard, les épisodes douloureux sont devenus légers, très courts (moins de 10 minutes) et exceptionnels.
  • Des millions de personnes concernées : Plus d’un million d’Américains subissent chaque année un traumatisme crânien, et les trois quarts développent des douleurs chroniques, face auxquelles les options thérapeutiques restent limitées.
  • Une distinction délicate des effets : Il demeure difficile d’isoler l’impact propre du jeûne de celui d’une alimentation végétale hypotoxique maintenue au fil des années suivantes.
  • L’acide arachidonique amplifie la douleur : Les aliments riches en acide arachidonique (viandes, produits laitiers, œufs) stimulent les voies de l’inflammation. Une alimentation végétale abaisse significativement ces composés pro-inflammatoires.
  • Validation par essai randomisé : Chez les patients migraineux, l’adoption d’un régime végétal a permis une réduction significative de la fréquence des crises, de l’intensité de la douleur et du recours aux antalgiques.
  • Un refus unanime de revenir en arrière : De nombreux participants à l’étude se sont sentis tellement mieux qu’ils ont refusé de reprendre leur alimentation standard, déclarant sans détour : « No way, José ».
  • Activation de l’autophagie : Après environ 16 à 24 heures sans prise alimentaire, l’organisme enclenche l’autophagie, un processus de recyclage cellulaire qui contribue à freiner l’inflammation neurogène.
  • La méthode Buchinger, référence historique : Développé par le Dr Otto Buchinger dans les années 1920, ce protocole apportant 200 à 500 kcal par jour sous forme de bouillons de légumes, de jus frais et de tisanes reste la forme la plus pratiquée en Europe.
  • Un protocole en trois phases incontournable : Le jeûne thérapeutique requiert des journées de descente alimentaire (1 à 2 jours), la période de jeûne proprement dite (5 à 7 jours) et une phase de reprise alimentaire progressive (3 à 5 jours), tout aussi déterminante.
  • Une pratique ponctuelle recommandée (1 à 2 fois par an) : Le jeûne prolongé ne constitue pas un mode de vie permanent, mais une intervention thérapeutique ciblée servant de tremplin vers une réforme nutritionnelle pérenne.

Qu’est-ce que le jeûne thérapeutique ?

Le jeûne thérapeutique désigne une privation volontaire et temporaire d’aliments solides dans un objectif préventif ou curatif. Contrairement au jeûne intermittent pratiqué sur un rythme quotidien (comme le format 16/8), le jeûne médical classique correspond à une cure de plusieurs jours consécutifs, le plus souvent d’une durée de 5 à 7 jours.

La variante la plus célèbre en Europe est le jeûne Buchinger, formalisé par le médecin allemand Otto Buchinger dans les années 1920. Ce protocole autorise un apport calorique minime (250 à 500 calories par jour) sous forme de bouillons filtrés, de jus de fruits ou de légumes dilués et d’infusions. Une modalité plus stricte est le jeûne hydrique complet, où seule l’eau pure est consommée, sans aucun apport calorique, entraînant une production massive de corps cétoniques pour subvenir aux besoins énergétiques du cerveau.

Le TrueNorth Health Center en Californie, à l’origine de l’étude de cas mentionnée, applique exclusivement un jeûne hydrique sous surveillance médicale stricte. L’évaluation de plusieurs centaines de séjours montre une réalité clinique récurrente : près d’un tiers des jeûneurs développent des maux de tête au cours des premiers jours. En pratique courante, la relation entre jeûne intermittent et mal de tête ou jeûne 24h mal de tête s’explique fréquemment par une hypoglycémie réactionnelle ou un sevrage brutal en caféine, le saut de repas étant l’un des premiers facteurs déclencheurs de la crise migraineuse et des céphalées de tension.

Dès lors, comment le jeûne peut-il agir favorablement sur des douleurs chroniques récalcitrantes ? La réponse ne réside sans doute pas uniquement dans l’abstinence alimentaire elle-même, mais dans la synergie créée avec une alimentation hypotoxique instaurée sur le long terme.

Jeûne thérapeutique et céphalées chroniques : l’étude de cas

Le cas clinique rapporté par le TrueNorth Health Center concerne une patiente de 52 ans souffrant de céphalées post-traumatiques chroniques invalidantes. Consécutivement à un traumatisme crânio-cérébral, elle endurait depuis 16 ans des douleurs ininterrompues, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Après avoir épuisé sans succès un large éventail de molécules analgésiques et préventives, et face à une dégradation majeure de sa qualité de vie, elle s’est tournée vers une approche intégrative sous encadrement médical : un jeûne hydrique encadré, suivi d’une transition intégrale vers une alimentation végétale dénuée de sucres raffinés, d’huiles ajoutées et d’excès de sodium.

L’évolution s’est avérée spectaculaire : à l’issue de la première session de jeûne, l’intensité moyenne de la douleur a diminué de moitié. Bien que les maux de tête fussent encore quotidiens, des intervalles sans aucune douleur sont apparus pour la première fois en seize ans. Six mois plus tard, un second jeûne a consolidé ces résultats : les céphalées sont devenues bénignes, d’une durée inférieure à 10 minutes et très espacées dans le temps. Cette rémission s’est maintenue plusieurs années après l’intervention.

Aux États-Unis, les CDC (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies) estiment que plus d’un million de personnes subissent chaque année un traumatisme crânien, et environ 75 % d’entre elles développent un syndrome douloureux chronique. Face à cette pathologie complexe, l’arsenal conventionnel demeure restreint : traitements pharmacologiques d’efficacité modérée ou gestes chirurgicaux invasifs tels que la décompression ou la neurotomie crânienne.

La question scientifique centrale demeure : est-ce le processus de détoxification et de régulation métabolique induit par le jeûne, ou l’alimentation végétale mise en place par la suite, qui a permis cette amélioration ?

Le rôle de l’alimentation végétale

Distinguer l’action intrinsèque du jeûne de celle de la nutrition s’avère complexe, dans la mesure où la patiente a conservé rigoureusement une diète végétale stricte. Les données de la littérature suggèrent une action complémentaire des deux interventions.

À l’opposé des molécules analgésiques, certains composés alimentaires agissent comme de véritables agents « pro-algiques », c’est-à-dire facilitateurs de la douleur. L’acide arachidonique, un acide gras polyinsaturé de la famille des oméga-6 présent quasi exclusivement dans les produits d’origine animale (viandes, charcuteries, produits laitiers et œufs), joue ici un rôle prépondérant.

L’organisme convertit l’acide arachidonique en eicosanoïdes pro-inflammatoires (prostaglandines de série 2, leucotriènes). Ces médiateurs chimiques amplifient les cascades inflammatoires, entretiennent l’inflammation neurogène et abaissent le seuil de perception de la douleur. L’adoption d’un régime d’origine végétale supprime la quasi-totalité des apports exogènes d’acide arachidonique.

Parallèlement, les végétaux non transformés apportent une densité remarquable en micronutriments protecteurs : antioxydants, polyphénols, fibres prébiotiques et acides gras oméga-3 d’origine végétale (graines de lin, noix, graines de chia). Ces molécules concourent à freiner l’inflammation systémique et favorisent la modulation des voies nociceptives.

L’hypothèse selon laquelle augmenter les végétaux et réduire drastiquement les produits animaux permet d’atténuer les céphalées a ainsi fait l’objet d’évaluations rigoureuses.

Études scientifiques sur l’alimentation végétale et la migraine

Des équipes de recherche ont évalué cette hypothèse au moyen d’un essai clinique randomisé et contrôlé en cross-over auprès de patients souffrant de migraines régulières. Les participants ont été répartis en deux groupes : l’un suivant une alimentation végétale stricte et équilibrée, l’autre recevant un placebo sous forme de supplémentation, avant d’inverser les protocoles après une période de sevrage.

Les observations ont révélé une différence marquée : au cours de la phase sous placebo, la moitié des sujets notait une amélioration minime tandis que l’autre moitié ne constatait aucun changement voire une aggravation. En revanche, durant la phase d’alimentation végétale, la quasi-totalité des participants a rapporté un bénéfice clinique net.

Les paramètres évalués ont montré des réductions statistiquement significatives :

  • Diminution de la fréquence globale des maux de tête
  • Baisse de l’intensité de la douleur ressentie
  • Réduction notable du nombre de jours avec céphalées par mois
  • Diminution substantielle de la consommation de médicaments antimigraineux et antalgiques

Un défi méthodologique imprévu s’est toutefois posé aux investigateurs : de nombreux participants ont catégoriquement refusé de terminer le protocole. Conformément au schéma de l’étude, ils devaient réintroduire leur alimentation omnivore habituelle après l’intervention nutritionnelle. Constatant une transformation de leur état général et la disparition de leurs symptômes, ils ont rejeté ce retour en arrière, s’exclamant : « No way, José ».

Cette situation s’observe régulièrement dans les essais cliniques portant sur la nutrition végétale : lorsque les bienfaits sur la vitalité et la douleur sont directement expérimentés, l’adhésion spontanée devient très forte, au point de bousculer les contraintes de la méthodologie scientifique.

Acide arachidonique : éviter les aliments qui favorisent la douleur

L’acide arachidonique se concentre tout particulièrement dans les denrées suivantes :

  • Viandes (porc, bœuf, volaille)
  • Œufs (particulièrement le jaune)
  • Produits laitiers (fromages affinés, beurre, crème fraîche)
  • Abats et charcuteries
  • Poissons et fruits de mer (dans une proportion moindre)

Le règne végétal est virtuellement dépourvu d’acide arachidonique. L’impact anti-inflammatoire d’une nutrition végétale repose sur une synergie de mécanismes biologiques :

  • Baisse des précurseurs pro-inflammatoires : Moins d’acide arachidonique disponible pour synthétiser les cytokines et prostaglandines algogènes.
  • Apport d’antioxydants : Neutralisation des espèces réactives de l’oxygène et diminution du stress oxydatif neuronal.
  • Richesse en fibres alimentaires : Modulation bénéfique du microbiote intestinal, dont les métabolites (acides gras à chaîne courte) exercent une action immunorégulatrice systémique.
  • Acides gras oméga-3 végétaux : L’acide alpha-linolénique (ALA) favorise la synthèse de médiateurs résolutifs de l’inflammation.

Dans le cadre d’affections douloureuses chroniques comme la migraine, la polyarthrite rhumatoïde ou les céphalées post-traumatiques, l’éviction de ces composés par une alimentation végétale présente un intérêt clinique documenté.

Effets secondaires et risques du jeûne

Le jeûne n’est pas exempt d’effets indésirables. Les observations cliniques du TrueNorth confirment qu’environ un tiers des personnes jeûnant pour la première fois expérimentent des maux de tête, souvent qualifiés de « crise curative » ou crise d’adaptation, survenant typiquement au cours des 48 à 72 premières heures.

Parmi les manifestations secondaires fréquemment rapportées :

  • Hypotension orthostatique, vertiges et étourdissements
  • Asthénie marquée et baisse transitoire d’énergie
  • Frilosité et sensation de froid périphérique
  • Halitose (haleine caractéristique liée à l’élimination des corps cétoniques)
  • Perturbations du sommeil
  • Irritabilité passagère

En réalité, le manque d’hydratation et le saut de repas constituent des déclencheurs bien documentés de céphalées. Si de rares publications non contrôlées ont suggéré des améliorations immédiates, la littérature scientifique démontre que l’interruption brutale de l’alimentation provoque plus souvent une crise migraineuse qu’elle ne la prévient.

C’est pourquoi un encadrement médical s’avère indispensable avant d’entreprendre un jeûne thérapeutique prolongé. Les principales contre-indications comprennent :

  • La grossesse et la période d’allaitement
  • Les antécédents ou la présence de troubles du comportement alimentaire (TCA)
  • Un état de dénutrition ou un indice de masse corporelle (IMC) très faible
  • Les pathologies cardiovasculaires sévères ou instables
  • Le diabète de type 1
  • L’insuffisance rénale ou hépatique avancée

La patiente mentionnée dans l’étude a bénéficié d’une surveillance continue en structure spécialisée. Toute démarche d’auto-jeûne prolongé sans avis médical est formellement déconseillée en présence d’une pathologie chronique.

Autophagie : que se passe-t-il dans l’organisme pendant le jeûne ?

L’un des mécanismes clés du jeûne thérapeutique réside dans l’autophagie, un processus cellulaire d’« autonettoyage ». Le terme est issu du grec ancien : auto (soi-même) et phagein (manger).

Lors de l’autophagie, les cellules dégradent et recyclent leurs composants endommagés ou devenus inutiles. Si ce phénomène s’opère en permanence à un faible niveau, le jeûne l’amplifie considérablement. Après environ 16 à 24 heures sans apport alimentaire (moment où peuvent parfois se manifester les effets d’un jeûne 24h et mal de tête passager), l’autophagie s’active de façon marquée.

Ses bienfaits pour la santé englobent :

  • L’élimination des éléments cellulaires dysfonctionnels
  • La diminution des marqueurs inflammatoires
  • L’amélioration de la sensibilité à l’insuline
  • La baisse de la pression artérielle
  • La perte de poids
  • D’éventuels effets neuroprotecteurs

Le chercheur japonais Yoshinori Ohsumi a reçu le prix Nobel de physiologie ou médecine en 2016 pour avoir élucidé les mécanismes moléculaires de l’autophagie. Ses travaux ont démontré comment les perturbations de ce processus sont liées à diverses pathologies : cancers, maladies neurodégénératives, infections et dérèglements métaboliques.

En cas de maux de tête chroniques ou de céphalées de tension, l’autophagie pourrait contribuer à soulager les douleurs en diminuant les réactions inflammatoires dans le système nerveux, notamment l’inflammation neurogène. Les preuves cliniques directes de ce lien chez l’être humain demeurent toutefois encore restreintes.

Application pratique : comment fonctionne le jeûne thérapeutique ?

Le jeûne thérapeutique classique selon la méthode Buchinger se divise en trois phases :

1. Les jours de descente alimentaire (1 à 2 jours)
Transition vers une alimentation végétale légère afin de préparer l’organisme au jeûne. Les menus types se composent de riz, de légumes cuits à la vapeur et de fruits.

2. Les jours de jeûne (généralement 5 à 7 jours)
Dans le jeûne Buchinger : un apport quotidien de 250 à 500 kcal provenant de bouillons de légumes, de jus de fruits ou de légumes dilués, d’infusions et éventuellement d’une pointe de miel.
Dans le jeûne hydrique : uniquement de l’eau, zéro calorie.

Important : une évacuation intestinale est réalisée au début, le plus souvent avec du sel de Glauber (sulfate de sodium) ou par lavement. Cette démarche ne vise pas une supposée « détoxification » (un terme sans fondement scientifique valable), mais évite que des résidus digestifs ne viennent perturber le déroulement du jeûne.

3. Les jours de reprise alimentaire (3 à 5 jours)
Réintroduction progressive d’une alimentation normale. La première prise d’aliment solide constitue la « rupture du jeûne » et se fête traditionnellement, souvent avec une pomme.

La phase de reprise est tout aussi essentielle que le jeûne lui-même. Un retour trop brusque à des repas lourds risque d’entraîner d’importants troubles digestifs.

Fréquence recommandée :
Une cure de jeûne thérapeutique est généralement réalisée 1 à 2 fois par an. Elle n’est pas conçue pour devenir un mode alimentaire permanent.

Chez la patiente de 52 ans souffrant de céphalées post-traumatiques, un jeûne hydrique a été mis en place, suivi d’une transition durable vers une alimentation végétale complète sans sucre, huile ni sel ajoutés, selon les principes d’une alimentation hypotoxique. L’amélioration durable ne s’est manifestée qu’après une seconde session de jeûne effectuée six mois plus tard.

Foire aux questions

Qui a inventé le jeûne thérapeutique ?

Otto Buchinger (1878-1966), un médecin allemand, est reconnu comme le fondateur du jeûne thérapeutique moderne. Après avoir guéri d’une grave affection rhumatismale grâce au jeûne, il a mis au point dans les années 1920 le protocole qui porte son nom. Ses cliniques de jeûne existent toujours en Allemagne et sont administrées par la quatrième génération de sa famille.

Quand faut-il faire la purge intestinale lors d’un jeûne ?

L’évacuation intestinale a lieu au tout début du jeûne thérapeutique, en règle générale le premier jour de jeûne ou le dernier jour de la descente alimentaire. On emploie le plus souvent du sel de Glauber (sulfate de sodium) dilué dans de l’eau ou un lavement. Ce nettoyage ne doit pas être répété tous les jours, mais uniquement à l’initiation de la cure et, si nécessaire, une unique fois après 3 à 4 jours.

Pourquoi faire un jeûne thérapeutique ?

Le jeûne thérapeutique est pratiqué pour diverses raisons : la prise en charge de pathologies inflammatoires chroniques (rhumatismes, polyarthrite), l’accompagnement face au syndrome métabolique et à l’hypertension, la perte de poids pour amorcer une transition nutritionnelle, l’atténuation d’une crise migraineuse ou de céphalées chroniques, ainsi que pour s’offrir une pause régénératrice physique et mentale. Les données scientifiques sont plus solides pour certaines indications que pour d’autres : les effets les mieux étayés concernent la pression artérielle, les marqueurs de l’inflammation et le poids corporel.

Que peut-on consommer pendant le jeûne ?

Dans le protocole classique de Buchinger, sont permis : le bouillon de légumes (maison, sans sel), les jus de fruits et de légumes fraîchement pressés (dilués), les tisanes et le thé vert, l’eau minérale plate (au moins 2 à 3 litres par jour pour assurer une bonne hydratation) et un peu de miel (1 à 2 cuillères à café). Sont formellement exclus : les aliments solides, le café, l’alcool, le tabac, les édulcorants artificiels et la plupart des médicaments (une consultation médicale préalable est indispensable). Lors d’un jeûne hydrique strict, seule l’eau est autorisée.

Que se passe-t-il dans l’organisme pendant le jeûne ?

Après 12 à 16 heures sans prise alimentaire, les réserves hépatiques de glycogène s’épuisent. Le métabolisme passe alors de l’utilisation du glucose à la combustion des graisses (cétose). Entre 16 et 24 heures, l’autophagie s’intensifie : les cellules éliminent leurs composants détériorés. Les marqueurs inflammatoires circulants régressent, l’insuline chute et la sensibilité à l’insuline s’améliore. La tension artérielle a tendance à baisser. Des corps cétoniques sont synthétisés et fournissent une source d’énergie de substitution pour le cerveau. Au bout de quelques jours, des effets secondaires transitoires comme des maux de tête, de la fatigue ou des chutes de tension peuvent se manifester.

Qu’est-ce que le jeûne thérapeutique ?

Le jeûne thérapeutique désigne l’abstinence volontaire et délimitée dans le temps de toute nourriture solide, menée dans un but préventif ou curatif sous encadrement médical. À la différence du jeûne religieux ou du jeûne intermittent, il s’agit d’une cure de plusieurs jours consécutifs (souvent 5 à 7 jours) guidée par une intention thérapeutique. La variante la plus répandue est le jeûne Buchinger, qui fournit 250 à 500 kcal par jour via des bouillons et des jus. Il s’intègre dans le champ des médecines complémentaires et se pratique au sein d’établissements spécialisés.

Quels jus boire pendant une cure de jeûne ?

Durant un jeûne de type Buchinger, il est conseillé d’opter pour des jus frais : orange, pamplemousse (attention aux interactions avec certains traitements), pomme, carotte, betterave rouge (fortement coupée à l’eau) ou jus de choucroute. Ces jus doivent toujours être dilués à parts égales avec de l’eau (1:1) et bus lentement tout au long de la journée. Les jus industriels contenant des sucres ajoutés sont proscrits. La quantité préconisée est de 250 à 500 ml par jour, répartie en 2 ou 3 prises.

Quel est le jour le plus difficile lors d’un jeûne ?

Le deuxième et le troisième jour représentent le passage le plus délicat, couramment appelé la « crise de jeûne » ou crise d’acidose. À ce stade, le glycogène est entièrement consommé, le corps bascule en cétose et une hypoglycémie réactionnelle transitoire peut survenir. Nombreux sont ceux qui ressentent alors de la fatigue, de l’irritabilité, des vertiges ou des maux de tête (un désagrément que l’on retrouve également dans le lien entre jeûne intermittent et mal de tête). Dans certains cas plus marqués, des nausées peuvent s’ajouter au tableau, évoquant les symptômes de jeûne migraine et vomissement. Dès le quatrième jour, la majorité des personnes observent un net soulagement : regain de vitalité, clarté d’esprit et sensation de légèreté. L’intensité de cette crise varie grandement selon les profils.

Comment pratiquer le jeûne thérapeutique ?

La cure doit respecter un déroulement structuré : 1 à 2 jours de descente alimentaire avec des repas légers en guise de préparation, une évacuation intestinale le premier jour (sel de Glauber ou lavement), 5 à 7 jours de jeûne avec des apports liquidiens suffisants (eau, tisanes, bouillons, jus), une activité physique douce au grand air, des plages de repos, puis 3 à 5 jours de réalimentation progressive. Règle essentielle : une première expérience de jeûne gagne à être supervisée par un professionnel de santé ou un accompagnateur certifié.

Combien de temps doit durer un jeûne thérapeutique ?

La durée standard d’un jeûne selon la méthode Buchinger est de 5 à 7 jours de jeûne effectif, auxquels s’ajoutent 1 à 2 jours de descente préalable et 3 à 5 jours de réalimentation. Le programme complet s’échelonne ainsi sur 10 à 14 jours. Des durées plus courtes (3 à 4 jours) sont possibles mais procurent des effets moins marqués. Les cures prolongées (jusqu’à 3 ou 4 semaines) ne sont réalisées qu’en milieu médicalisé sous suivi rigoureux. Pour une première tentative, un format de 5 à 7 jours est généralement conseillé.

Combien de fois par an peut-on faire un jeûne ?

Le jeûne thérapeutique se pratique en général 1 à 2 fois par an. Une fréquence plus soutenue n’est pas nécessaire et pourrait engendrer des déséquilibres chez certaines personnes. De nombreux adeptes choisissent de jeûner une fois par an, au printemps ou à l’automne, durant 7 à 10 jours. Il n’a pas vocation à être répété en continu (le jeûne intermittent est plus adapté à un rythme régulier), mais constitue une démarche ponctuelle pour réinitialiser ses habitudes et faire le point sur sa santé nutritionnelle (notamment pour comprendre quelle carence provoque des migraines ou d’autres troubles chroniques).

Sources sur le sujet

Revues de synthèse, méta-analyses et études contrôlées relatives au thème de cet article. L’accessibilité de chaque lien a été vérifiée le 16/08/2026.

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Simon G. - GesundeFakten Redaktion